Paimpol – Se loger à Paimpol, un luxe pour les saisonniers ?



Pénurie de logement et hauts loyers. Depuis plusieurs années, la situation locative se dégrade à Paimpol. Entre effervescence des locations de très courte durée et hausse des loyers, la situation locative est plus que tendue durant la période estivale. Pour les saisonniers, locaux et jeunes travailleurs, il est impossible de se loger.

Des locations très rentables pour les propriétaires

Marion Le Page, conseillère location chez Square Habitat, explique le phénomène : « Depuis trois ans, l’effet covid-19 modifie l’accès au logement sur Paimpol. Il y a beaucoup moins de turn-over et de mobilité qu’avant, donc moins de biens disponibles. Cela a entraîné une hausse des prix. Et en saison, les propriétaires cherchent à amortir les frais en louant leurs biens via des plateformes comme Airbnb ou Booking.com ».

Patrice Lamolle, responsable location chez La Forêt, complète : « Ces locations sont très rentables pour les propriétaires. Durant l’été, une semaine de location touristique équivaut à un mois de loyer en basse saison. Dans les villes côtières, comme Paimpol, l’encadrement du marché locatif de courte durée est très complexe. Certaines réglementations, qui s’appliquent aux grandes villes, ne peuvent pas l’être ici, en raison de la saisonnalité de l’attractivité de Paimpol ».

« Au total, j’aurai déménagé trois fois en sept mois… »

La galère de saisonniers

Et pourtant, la recherche de rentabilité n’est pas sans incidences pour ceux qui ne sont pas vacanciers. En raison de la floraison des locations de courte durée, peu de biens sont accessibles aux saisonniers, locaux et jeunes travailleurs. Conjointement, les prix des locations explosent et les offres sont rares.

Maria, 20 ans, en a fait les frais. « J’ai tout de suite opté pour la colocation. Je ne voulais pas payer trop cher. Mais il n’y avait qu’une seule offre disponible pour juin, donc pas le choix… ». Pour une colocation avec trois autres jeunes, la jeune femme déboursera 350 € par mois, 100 € de plus que son budget loyer.

Pour Noémie, 25 ans la situation est tout autre. Mi-mars, elle décroche un CDD de sept mois sur la commune. En trois semaines, elle devra alors trouver à se loger sur Paimpol : « Il n’y avait aucune location meublée sur Leboncoin. Donc j’ai regardé sur Airbnb et je négociais les prix, mais ça restait trop cher. En dernier recours, j’envisageais le camping… », explique-t-elle. Après deux semaines de recherche, Noémie finit par trouver une maison en colocation. Mais les galères ne s’arrêtent pas pour autant. Réservée aux vacanciers durant la période estivale, la jeune femme devait quitter la maison. Elle a donc dû trouver un autre appartement, qu’elle devra rendre en septembre, et trouver à nouveau un toit. « Au total, j’aurai déménagé trois fois en sept mois… », soupire-t-elle.

Noémie, 25 ans, aura dû déménager trois fois en sept mois en raison de la crise du logement qui touche Paimpol. (Le Télégramme/Agathe Gérot)

De maigres solutions

À échelle locale, des solutions existent. Le service « Logez jeunesse » et Sillage soutiennent, par exemple, les 16 – 30 ans dans leur recherche de logement. Des solutions sont trouvées, en coopération avec la Mission locale. Des annonces sont aussi parfois publiées sur la page Facebook « T’es de Paimpol si… ». De maigres solutions, qui ne permettent pourtant pas encore de renverser la tendance.

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