Alain Delon : ce film vécu comme un échec ressort au cinéma et c’est l’un de ses meilleurs rôles !

Monsieur Klein, drame poignant emmené par un Alain Delon habité, ressort en salles le 6 juillet. Saviez-vous que cette oeuvre très personnelle pour le comédien avait suscité une grande déception pour lui ? Explications.

Sorti le 27 novembre 1976, Monsieur Klein se déroule pendant l’Occupation allemande à Paris. Alain Delon interprète Robert Klein, un Alsacien qui rachète des oeuvres d’art à bas prix.

Réexpédié à son nom, il reçoit le journal Les Informations juives, qui n’est délivré que sur abonnement. Il découvre bientôt qu’un homonyme juif utilise son nom. Klein décide alors de remonter la piste qui le mènera à cet inconnu.

Réalisé par l’américain Joseph Losey, ce long-métrage porté par Alain Delon a remporté trois César en 1977 : meilleur film, meilleur réalisateur et meilleurs décors.

Au départ, Costa-Gavras était pressenti pour réaliser le film, mais ce dernier a préféré diriger à la même époque Section spéciale avec le regretté Michael Lonsdale.

UNE COLLABORATION FRUCTUEUSE

Monsieur Klein marque la seconde collaboration entre Alain Delon et Joseph Losey. Le metteur en scène avait déjà dirigé le célèbre acteur en 1972 dans L’Assassinat de Trotsky.

Alain Delon s’est beaucoup impliqué dans la production du film, souhaitant casser son image pour tenir un vrai rôle de composition. Par ailleurs, ce crime ignoble organisé par le régime de Vichy sous l’Occupation était un sujet extrêmement sensible à l’époque et Delon voulait absolument s’en emparer.

“Ce film, je devais le faire”, scandera Alain Delon au micro du Monde en 2003. Dans une biographie écrite par Henry-Jean Servat, le comédie confie :

“Le film n’a existé que par ma volonté. Le producteur Norbert Saada m’a appelé pour que je fasse lire le script à Joseph Losey. Ce dernier m’a immédiatement téléphoné après avoir refermé la dernière page pour me dire qu’il voulait le faire et me demander si je voulais le rôle.

J’ai répondu : “Bien sûr”. C’est comme ça que j’ai produit le film, c’est aussi comme ça que j’ai pris une grande claque et que j’ai perdu 300 millions de francs de l’époque”, a déploré l’artiste.

En France, l’oeuvre n’a attiré que 700 000 spectateurs, loin des scores des précédents films de l’acteur comme Zorro, Flic Story ou Le Gitan. Ces oeuvres avaient toutes dépassé le million d’entrées. De plus, son grand rival de l’époque, Jean-Paul Belmondo, a triomphé un an avant avec Peur sur la ville, réunissant 4 millions de curieux.

ALAIN DELON MÉCONTENT

Monsieur Klein a été présenté en Compétition au Festival de Cannes 1976, comme les trois précédents longs métrages de Joseph Losey : Modesty Blaise, Accident (Grand Prix Spécial du Jury en 1967), et Le Messager (Palme d’Or en 1971).

Malgré sa performance, Alain Delon n’a obtenu aucune récompense. L’acteur se sentira très affecté par le verdict du jury. “Ça m’a fait très mal”, avouera-t-il plus tard.

Cette année-là, c’est Taxi Driver de Martin Scorsese qui a remporté la Palme d’Or. José Luis Gómez raflera le Prix d’interprétation masculine au nez et à la barbe de Delon pour sa prestation dans Pascual Duarte de Ricardo Franco.

Alain Delon se consolera quelques années plus tard, en 1985, avec le César du meilleur acteur (le seul de sa carrière) pour sa performance dans Notre histoire de Bertrand Blier.

La bande-annonce de Notre histoire, disponible sur Prime Vidéo

 

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Alain Delon : ce film vécu comme un échec ressort au cinéma et c’est l’un de ses meilleurs rôles !